Avant
toute chose, nous tenons à féliciter Arthur pour la qualité unanimement
reconnue de sa chasse.
Nos
plus vifs remerciements vont à un de nos concurrents, Paco, qui, avec un
grand fair-play, nous a communiqué les indices des semaines 3 et 4.
Enfin,
nos saluts amicaux vont à tous les chasseurs avec qui nous avons été en
contact, sur internet comme sur le terrain, au cours de cette splendide
chasse, dans une ambiance qui est restée jusqu’au bout sympathique et
conviviale…
Casimir,
GilbertEBASK, Sky.
Une
chasse à Caen ? Bigre, bigre, voilà qui est intéressant… C’est
Casimir qui le premier a vent de la chose et alerte frère Gilbert et compère
Sky. La double perspective de s’attaquer à une chasse d’Arthur (ce que
nous n’avons jamais eu l’occasion de faire) et de nous intéresser de plus
près à cette région, nous paraît aussitôt alléchante.
Rapidement,
nous exhumons de nos tiroirs quelques papiers… Gilbert remet la main sur sa
carte Michelin de la bataille de Normandie (à tous les coups Arthur va s’en
servir). Sky retrouve ses notes sur la Voie de la Liberté (qu’il avait étudiée
de près à l’occasion d’une chasse précédente, en cherchant une première
pierre qui figurerait sur un timbre). Quant à Casimir, il extrait de sa
bibliothèque deux ou trois bouquins sur Guillaume le Conquérant…
Semaine
après semaine (tandis que nous nous enlisons dans les sables de Nemo) nous
accumulons les solutions des énigmes (souvent dénichées par Casimir,
l’historien de la bande). Mais plus nous avançons, plus la chasse devient
difficile… Différentes solutions se présentent, un parfum caractéristique
de fausse piste commence à flotter… Au fil des énigmes, il devient évident
que seul le déplacement que nous avons prévu pour la dernière semaine
pourra nous aider à trancher certains dilemmes et à mettre la main sur
certaines informations… Heureusement, la solidarité des chasseurs
fonctionne, et nous avons pu tant bien que mal nous procurer tous les indices
affichés dans les magasins.
Mercredi
4 juillet.
Gilbert
et Casimir « débarquent » donc à Caen mercredi. Sky reste à
Paris, derrière son clavier, dans les starting-blocks de la course aux
moteurs de recherche… C’est qu’il va falloir être efficace, car le
calendrier se présente mal : disponibles jusqu’à jeudi soir, nous
sommes tous trois surchargés d’obligations pour vendredi et samedi :
coup de collier professionnel pour Sky, traversées de la France et réunions
de famille pour les deux frangins… Impossible donc d’être sur place
vendredi pour les derniers indices, qui risquent d’être déterminants. En
bref, il faudra trouver jeudi… ou bien dimanche, si les concurrents nous en
laissent le temps ! Et surtout, il faudra avoir l’œil à tout, et ne
pas partir de Caen sans avoir fait provision d’images, d’inscriptions, de
dates et d’anecdotes…
Nous
commençons par l’OT, puis fondons sur le musée des Beaux-Arts, niché dans
le château. Le temps de choisir un hôtel stratégique (à côté de la gare
où Ouest-France se vend dès potron-minet), nous voilà à déambuler dans le
centre-ville, en repérages autour de quelques points névralgiques. C’est
rue Saint-Pierre que l’on repère d’abord d’étranges promeneurs… Des
lycéens à peine libérés des cours, qui, avec des airs de conspirateurs,
des chemises en carton fatiguées ou des blocs-notes à la main, observent
avec une attention étrange les vitrines de certains magasins ou la façade de
la maison de Malherbe… D’autres, du même modèle, gravitent, le nez en
l’air et le cou tordu, autour du chevet de Saint-Pierre. Là, nous
rencontrons aussi des chasseurs caennais plus âgés, qui font moins de mystère
pour partager avec nous leurs perplexités… Aiguillés vers l’intérieur
par les conseils d’une chasseuse de bonne volonté, nous ne trouverons pas
la moindre date sur les multiples statues du portier du Paradis égaillées à
l’intérieur du chevet. Mais le monsieur à moustaches qui, avec son épouse,
fait le tour de l’église pour la troisième fois, n’a pas trouvé non
plus !
Nous
n’avons plus de temps à perdre, tenant absolument à examiner de plus près
avant la nuit les inscriptions des statues de Guillaume le Conquérant à
Falaise et de Laplace à Beaumont en Auge… Chose faite pour le Bâtard, nous
décidons plutôt de rentrer à Caen, d’y trouver un restau et d’aller
vite au lit, la journée de jeudi s’annonçant chargée…
5h00
du matin. La kiosquière de la gare, surprise, voit débouler un Casimir tombé
du lit, qui retourne en courant à l’hôtel tenter de réveiller un certain
Gilbert…
Entre
deux bâillements, ledit Gilbert s’exclame :
– C’est
bon pour la 4A, vu que si je ne m’abuse, Paul Doumer a succédé à Gaston
Doumergue, non ?
– Exact,
dit l’autre, à vue de nez ça doit être en 31…
– Mais
attends, alors la place c’est la place… de la République !
Mais
ce brillant départ s’englue dans le petit-déjeuner… La suite ne vient
pas. Tout au plus est-il convenu d’aller ratisser cette place, risquer
quelques pas à l’Echiquier du Château et examiner sous les naseaux les
statues équestres de Du Guesclin et Jeanne d’Arc dont nous avions, la
veille, croisé les silhouettes en voiture… Penser à jeter un œil sur les
plans de ville au dos des « sucettes », au cas où l’un de ces
cavaliers serait en G1… Mais non.
Aux
caennais en chasse, se sont mêlés de curieux touristes, qui ne nous sont pas
tous inconnus. Successivement, nous croisons un Kido en ciré jaune, escorté
par Synn, un Papy et un XYZ arborant fièrement des tee-shirts éponymes, Intégral,
Hisuro… Bien qu’on murmure qu’il croise en ville, pas de trace du 4x4
d’Exocet (ni du tractopelle furtif de Guillaume A…). Bref, d’errances en
errance, de flâneries en âneries, nous croisons (et recroisons parfois)
nombre de chasseurs redoutables et redoutés.
Au
téléphone, Sky sue sang et eau sur son clavier, tentant de répondre aux
questions idiotes que lui posent ses bases avant (du genre : en combien
de pas un cavalier blanc peut-il arriver sur une case noire de la reine ou une
case blanche du roi ?)
Point
positif, en longeant à nouveau le chevet de Saint-Pierre, mais vers l’est,
nous voyons enfin, sur les balustrades, les dates (1518 et 1545) que nous ne
parvenions pas à retrouver la veille… Mais l’heure avance et le temps se
gâte. Rendus perplexes par un échiquier géant au sol d’une place derrière
l’Office du Tourisme, nous nous réfugions, pour nous abriter de l’averse,
dans un café.
Il
est 15h quand nous devons sonner la retraite, déjà en retard sur l’horaire
prévu. Adieu Caen, adieu Berthe, adieu Mathilde, veaux, vaches, cochons, couvées,
hiboux, cailloux… et bonne chance à ceux qui restent !
10h
du matin, un gîte rural au fin fond de l’Hérault. Tandis qu’à Marseille
et à Paris, Casimir et Sky dorment encore, Gilbert se réveille en sursaut,
étonnamment frais après la longue et tardive beuverie occasionnée par le
mariage de son beau-frère… Merci au vin de Saint-Chinian, qui ne donne
jamais la gueule de bois !
Un
gigantesque café sous le nez, il prend connaissance des nouvelles du front.
La chasse était toujours ouverte lors de sa dernière rapide connexion,
vendredi soir (juste le temps de relever les messages et de résoudre la 4B).
Surprise :
elle l’est toujours ! Autre surprise, les indices de la 4ème
semaine, communiqués par Paco, ne font que confirmer nos hypothèses…
Pourquoi alors n’avons-nous pas décodé ?
N’ayant
pas encore réactivé la plupart de ses neurones, Gilbert ne parvient à
imaginer que deux explications : soit, malgré nos certitudes, certaines
des dates retenues sont fausses, soit il y a dans le texte du final un
« point de départ » à partir duquel il faut compter les lettres.
Dans les deux cas, une seule mesure s’impose : essayer de décoder en
prenant successivement comme point de départ chacune des 150 lettres du
final, et ce jusqu’à faire apparaître au moins quelques mots en clair,
permettant de localiser les erreurs…
En
partant vers l’arrière, cela aurait marché du premier coup… Mais non,
Gilbert est parti vers l’avant et ce n’est donc que plus tard, au 149ème
test, qu’il voit apparaître soudain sur son tableur :
ETDTSENTREIZEPASAUDUDDUROY
Un
rugissement réveille les fêtards encore endormis : « Je l’ai !!! »
Le reste n’est en effet qu’une formalité… Déjà, en remplaçant 1518 par l’autre date possible pour St-Pierre, 1545, on obtient :
ETDTSENTREIZEPASAUSUDDUROY
Six
pas plus sept pas au sud font… treize pas au sud ! Mais de quel roi
peut-il s’agir ? Pas dur : 4A suggère « place de la République »
et 4B parle d’une statue… Or il y avait jadis une statue de Louis XIV sur
la place de la République.
Pas
de surprise donc, en prenant 1066 et non 1077 pour Bayeux, d’obtenir (en
partant du L
qui débute le final) :
OUISXIVTREIZEPASAUSUDDUROY
C’est
fini !
Le
plus dur, dans la fébrilité, est encore d’envoyer le mail de la
victoire… La connexion n’est pas fameuse : le message va-t-il passer ?
Les deux autres compères, prévenus d’urgence au téléphone, doubleront le
message par sécurité (cela nous vaudra quelques minutes d’anxiété supplémentaire,
Arthur ayant d’abord simplement annoncé que « plusieurs messages »
donnaient la bonne réponse).
Ravi,
au milieu des papiers de brouillon, Gilbert respire un coup… « Et dire
que demain, c’est mon anniversaire… » soupire-t-il en laissant traîner
son regard éthylique sur les bouteilles vides…
1 A - L'unité de mesure :
un ballon vogue vers l'est, d'un château à l'autre.
Le
Château de Balleroy se trouve à 35 km plein ouest par rapport au château de
Caen. Il abrite le musée des ballons créé par le milliardaire Forbes.

(source :
Guide Vert Michelin)
1 B - Regarde la tour. Du haut de celle-ci, tu vois sa sépulture : le 18 juin (note l'année) se dessine le débarquement victorieux.
Solution :
1066.
« Le
chantier de l'Abbaye aux Dames commence vers 1060-1061 et dès le 18 juin
1066, alors que l'église est encore en travaux, tous les grands seigneurs laïcs
et ecclésiastiques se rassemblent autour du couple ducal pour dédicacer l'église
abbatiale au nom de la Sainte Trinité. Cette messe solennelle permet surtout
à Guillaume de mettre au point avec eux les derniers préparatifs de la conquête
de l'Angleterre. »
(http://www.cr-basse-normandie.fr/vf/consreg/abbaye)
Dès
le début, Arthur offrait deux pistes. Depuis la tour représentée, on voit
en effet aussi bien l’Abbaye-aux-Hommes (sépulture de Guillaume) que l’Abbaye-aux-Dames
(sépulture de Mathilde). Dans l’Abbaye-aux-Hommes figure selon le Guide
Bleu un tableau de 1765, œuvre de N.B. Lépicié, qui « dessine »
le Débarquement de Guillaume le Conquérant en Angleterre. Mais la découverte
de la date du 18 juin pour la « dédicace » de l’Abbaye-aux-Dames
mettait fin aux doutes…
1
C - A la Toussaint, on se souvient du miroir de toutes les vertus. Note l'année.
Solution : 1083.
Le
1er Novembre 1083, la
Reine Mathilde meurt. Elle est ensevelie dans l’Abbaye-aux-Dames qu’elle
avait fondée.
Casimir
a recopié (pour rien) dans un vieux bouquin du XIXème
l'inscription de sa pierre tombale :
EGREGIE
PVLCHRI TEGIT HEC STRVCTVRA SEPVLCHRI MORIBVS INSIGNEM GERMEN REGALE MATHILDEM
DVX FLANDRITA PATER HVIC EXTITIT ADALA MATER FRANCORVM GENTIS ROBERTI FILIA
REGIS ET SOROR HENRICI REGALE SEDE POTITI REGI MAGNIFICO WILLELMO IVNCTA
MARITO PRESENTEM SEDEM PRESENTEM FECIT ET EDEM TAM MVLTIS TERRIS QVAM MVLTIS
REBVS HONESTIS A SE DITATAM SE PROCVRANTE DICATAM HEC CONSOLATRIX INOPVM
PIETATIS AMATRIX GAZIS DISPERSIS PAVPER SIBI DIVES EGENIS SIC INFINITE PETITIT
CONSORTIA VITE IN PRIMA MENSIS POST PRIMAM LVCE NOVEMBRIS
Ce
qui signifie :
« Ce
magnifique tombeau recouvre la sépulture de Mathilde, de mœurs et de race
royale. Elle a pour père le duc de Flandre pour mère Adèle fille du roi de
France Robert et sœur de Henri qui régna sur le trône. Elle fut l'épouse
du grand roi Guillaume. Elle fit bâtir cette église et la combla de biens.
Lui donnant terres et toutes choses nécessaires. Elle fit célébrer la dédicace.
Consolatrice des pauvres, aimant la piété, pauvre pour elle-même, elle ne
fut riche que de ses dons aux pauvres. Elle gagna ainsi d'avoir part à la vie
qui ne finit pas le premier du mois de novembre, après prime. »

Nous
étions certains de la solution, la dalle de marbre noir fournissant métaphoriquement
un excellent « miroir »… Mais il fallut attendre notre visite à
Caen pour découvrir, affichée dans l’Abbaye-aux-Dames (et reproduite dans
une brochure de l’Office du Tourisme), la traduction « officielle »,
bien éloignée du texte latin… :
« Sous
cette dalle, en ce tombeau superbe et pour l’honneur de celui-ci, gît
Mathilde, miroir de toutes les vertus… etc.»
1 D - A une unité de
mesure de là, cherche la statue d'un homme qui touche le ciel. Note son année
de naissance.
Solution : 1027.
En traçant un cercle de 35 km de rayon autour de l’Abbaye-aux-Dames, on trouve aussi bien la statue de Guillaume le Conquérant à Falaise que celle de l’astronome Laplace, à Beaumont-en-Auge…

En
cherchant « un homme qui touche le ciel », on tombe assez
immanquablement sur l’astronome, ce que nous avons fait d’abord, comme de
nombreux chasseurs.
Mais
la vue d’une image de la statue de Guillaume nous a fait comprendre en quoi
lui aussi « touche le ciel ».

C’est
l’analyse des indices qui mit un point final à notre hésitation :
Le tempérament volcanique des Vikings sied bien à cette carte du Calvados.
Les
volcans d'Auvergne renvoient à la carte Michelin du Calvados n° 4014. Mais
la racine ign- (le feu) aurait pu nous renvoyer à une autre marque…
Deux frères inventifs pour faire bonne mesure.
Nous
nous sommes perdus en conjectures sur cet indice très difficile…
S’agissait-il d’une référence à Joseph et Etienne, ou bien à Casimir
et Gilbert ??
Celui qui me précède a
un diamètre de 339.
Quel
est donc son périmètre ?
Pi
x 339 = 1065.
1065
+1 = 1066.
Duc et Roi.
Guillaume
le Conquérant.
Comme
on le voit : aucune place pour Laplace ici !
2
A – Tu trouveras la statue sur la côte, à deux unités de mesure de là.
Cap au sud-est : Montgomeri conduit la flotte à la victoire (note
l’année).
Solution :
1066.
Le
coup a été bien monté par Arthur : que l’on soit sur la bonne piste
(Guillaume) ou sur la fausse (Laplace), on trouve cette statue de 7 mètres de
haut, œuvre de Donald de Luc, à 70 km de là, sur la plage de
Colleville-sur-Mer, au cimetière américain ! On comprend donc mieux
l’indice : une
statue montre deux voies !

Pour
une description du cimetière :
http://fleursdelamemoire.free.fr/fr/colleville.html.
Si
on fait cap au sud-est à partir de Colleville, on arrive à Bayeux, ville
associée à la célèbre tapisserie de la reine Mathilde. Cela confirme ce
qui ressortait déjà de l’orthographe « Montgomeri » :
rien à voir avec Montgomery et le débarquement de juin 1944 !
Deux
« Montgomeri », avec cette orthographe (soulignée par un indice),
figurent sur la liste des compagnons de Guillaume accessible sur le net ainsi
que dans une brochure à l’OT de Caen.
Peut-on
dire pour autant que « Montgomeri conduit la flotte à la victoire ? ».
Impossible de le dire, les sources étant contradictoires quant à la
participation à la traversée de Roger de Montgomeri, un proche de Guillaume
déjà présent lors de la préparation du débarquement le 18 juin.
Si
l’on en croit Robert Wace, en tout cas, Roger était bien là lors de la
bataille de Hastings :
"Quant
Rogier de Montgomeri
Vint
poignant, la lance beissie
Onc
ne leissa por la coignie
K'il
aveit sus el col levée
Ki
mult esteist lonc enhanstée
Ke
il Enleis si ne ferist
K'a
la terre platir le fist
Dunc
s'écria Ferez Franceiz
Nostre
est li champ sor les Engleiz."
Cette
scène, où Roger de Montgomeri tue à Hastings un grand Anglais qui d'un coup
de hache avait coupé le cou d'un cheval, se retrouve sur la broderie de
Bayeux au-dessous du texte « ET GVRD FRATRES HAROLDI REGIS ».
« Flotte »
signifiant aussi « troupe » au XIème
siècle selon le dictionnaire Larousse de l’ancien français,
l’affaire est pour nous entendue.
Nous
retenons comme solution 1077, date de l’achèvement de la tapisserie de
Bayeux, avec comme seconde possibilité (la bonne) 1066, date du débarquement
et de la bataille de Hastings.
2 B – ISTI MIRANT STELLA
: Note l’année de naissance de celui à qui elle doit son nom.
Solution :
1656.

« La
broderie de Bayeux reproduit en sa planche 32 une comète précédée de
l'inscription “Isti mirant stella” (ils observent l'étoile) qui
fut interprétée par les astrologues d'Harold comme un mauvais présage à la
veille de l'affrontement de Hastings. Cette comète qui alarma la cour saxonne
n'était autre qu'une des apparitions de la fameuse comète de Halley, astre périodique
(environ 75 ans) dont la dernière visite dans nos cieux remonte à une
dizaine d'années. »
(cf.
http://vizier.u-strasbg.fr/~heck/bayeux.htm)
Halley
est né en 1656.
2
C – Longe la côte, jusqu’au point situé à une unité de mesure de
l’origine du ballon. Ici, l’église se souvient des marins qui, pour la
sauver, traversent les mers (note l’année).
Solution :
1792.
Le
cercle de 35 km de rayon ayant pour centre Balleroy coupe la côte en deux
points. Un seul est dans le Calvados, Bernières-sur-Mer, point de débarquement
des Canadiens du régiment de la Chaudière.
Mais,
comme le dit un indice, le « jour
le plus long » connaît ici une « éclipse
totale » : il ne s’agit pas de ces
marins-là (pas plus que de ceux qui, sauvés d’un naufrage en 1805, donnèrent
à l’église un ex-voto signalé par le guide La Torre) ! La bonne
solution est fournie par le Guide Gallimard du Calvados : près du
baptistère, une plaque est consacrée aux marins de Bernières qui ont
conduit en Angleterre en 1792 plus d’un demi-millier de prêtres réfractaires.
Mais
Arthur avait évidemment conçu une autre fausse piste, tout aussi diabolique
que celle de Laplace en semaine 1 : l’autre point d’intersection
entre notre cercle et la côte, n’est autre que le monument de la plage de
la Madeleine, devant Sainte-Mère-Église. L’église de Sainte-Mère-Église
« se souvient » elle aussi de ceux venus la sauver, par un vitrail
de 1945 représentant des parachutistes américains…

2 D – Sont alignés :
ce point, le miroir de toutes les vertus et la statue d’un homme qui touche
le ciel (dont la date de naissance doit être notée maintenant).
Solution : 1749.
Laplace est né à Beaumont-en-Auge le 23 mars 1749.
Dès
que nous avons remarqué qu’il était question de « noter
maintenant » la « date de naissance » de cet « homme
qui touche le ciel », nous avons été persuadés que notre ami Laplace,
abandonné en semaine 1, était de retour… En effet, si l’on connaît à
peu près l’année de naissance de Guillaume (1027 ou 1028, selon les
sources), on ne sait absolument pas à quelle date Mathilde lui préparait un
gâteau d’anniversaire !
L’alignement
« Bernières – Caen – Falaise » était si évident qu’il était
un simple constat, mais en aucun cas la solution d’une énigme (ou alors
fallait-il conserver la date d’inauguration de la statue de Falaise, le 26
octobre 1851 ?).
L’explication
que nous avons trouvée de cet alignement était la suivante : à
supposer que le « miroir de toutes les vertus », situé à Caen,
se comporte comme un vrai miroir, il pouvait dévier la ligne du regard
partant de Bernières et visant Guillaume, pour nous faire voir à sa place la
statue de Laplace, située exactement à angle droit et à distance égale…
C’est du moins ainsi que nous avions compris l’indice : un
miroir induit une symétrie.
Puis
une indication fut donnée par la première phrase de l’énigme 3 :
« Le
miroir de toutes les vertus va maintenant quitter la borne 0 de la Voie de la
Liberté, pour regagner sa ville d'origine. »
La
borne 0, Sky est bien placé pour le savoir, c’est Sainte-Mère-Église (la
00 étant sur la plage de la Madeleine). Cela pouvait confirmer notre
explication : en effet, le miroir est bien situé dans une « Sainte-Mère-Église »
(une abbaye) et n’est autre qu’une dalle de marbre noir de Tournai !
Mathilde de Flandre trouvait donc dans la voie de la Liberté, qui fonce vers
la Belgique, le chemin de son retour dans sa région d’origine…
Mais
plus simplement encore, cela permettait de constater le parfait alignement
Sainte-Mère-Église – Bernières – Beaumont.
L’astronome
et géomètre Laplace était donc certainement la solution de ce qu’un
indice appelait un
problème de géométrie.

3 A - Le miroir de toutes
les vertus va maintenant quitter la borne 0 de la Voie de la Liberté, pour
regagner sa ville d'origine. Dans le miroir, regarde ce détail d'une œuvre.
Note l'année de décès du peintre.
Solution :
1523.
Dans
un véritable miroir, comme y invitait un indice, on retourne l'image et on
reconnaît un détail du Mariage de la Vierge du Pérugin, un des
tableaux les plus célèbres du Musée des Beaux-Arts de Caen.
Pérugin
est mort en 1523.

(Clin
d’œil : Il était inutile de songer même une seconde à la ville
d’origine du Pérugin, Pérouse, qui, d’Astrolabe en Astrolabe,
pouvait renvoyer à Dumont d’Urville, jadis statufié, comme Laplace, à
l’Université de Caen. Eh bien pourtant nous y avons songé, au moins une
minute !)
3 B - Non loin de là,
observe bien et relève l'année de naissance de celui à qui nous devons les
larmes de Saint Pierre.
Solution :
1555.
Les
Larmes de Saint-Pierre, associées à Caen, renvoient presque immédiatement
au poète François de Malherbe
(Caen,
1555-Paris, 1628), auteur en 1587 d’un poème ainsi intitulé. Sa maison,
portant diverses armoiries et inscriptions, notamment son année de naissance,
se trouve place Malherbe, non loin du musée en suivant la rue Saint-Pierre.
Cette
solution trouvée à distance faillit bien pourtant être écartée par une
splendide fausse piste issue de notre visite un peu trop attentive du musée
des Beaux-Arts… Par acquit de conscience, nous avions dans l’idée
d’y repérer un éventuel tableau de Georges de La Tour, auteur lui aussi de
« Larmes de Saint-Pierre » (musée de Cleveland). Mais bernique…
En
revanche, dans le recoin d’une galerie, à quelques mètres du tableau du Pérugin,
Gilbert s’immobilisa soudain devant… une tête de barbu en larmes !
La notice nous apprit qu’il s’agissait d’un « Saint-Pierre
repentant », dont l’auteur n’est pas identifié avec précision
(Lanfranco ou son élève Brandi). Mais le nom de son donateur (celui à qui « nous
le devons ») y figurait également : le peintre caennais Georges
Lefrançois, né en 1808 !
Après
réflexion, nous décidâmes que Malherbe offrait une solution plus directe et
naturelle, tout en gardant l’idée que ce diable d’Arthur avait fort bien
pu tendre là un véritable traquenard.
3 C - Saint Pierre
l'attend. Il faudra te rendre à son chevet et noter l'année.
Solution :
1545.
Le
chevet (ou abside) de l’Eglise Saint-Pierre de Caen est l'œuvre de Sohier,
sans doute aidé par Jean Masselin ; on le reconnaît comme un des joyaux de
la Renaissance.
Les
recherches livresques menées par Casimir à la Bibliothèque Beaubourg nous
causèrent sur ce point quelque embarras. Le vieux guide de Trébutien (vers
1880) cite une description de l'abside : « Sur un cartouche se lit
la date de 1530, probablement la date d'achèvement de l'œuvre ». Cette
date, censée se trouver à proximité d’une tête de veau sculptée, resta,
comme le chef du bovidé, introuvable ! Un autre grimoire, celui de
Beaurepaire, donnait les dates de 1518 et 1545 : au bout du compte, nous
finîmes par localiser sur trois balustrades (1545 figurant deux fois) ce « petit
détail d’une grande œuvre ».

Solution : 1087.
« Le
fondateur de cette maison mourut en l'an .... »
C'est
tout simplement ce que dit la plaque tombale de Guillaume le Conquérant dans
l'Abbaye-aux-Hommes.

Solution
confirmée par l’indice : On
a eu beaucoup de mal à l'y faire entrer… référence
à une anecdote historique (cf.
Chronique de la France et des Français, éd Larousse).

Reste
un mystère : qui est l’homme
venu du ciel mentionné par un indice ?
S’agit-il de Malherbe (qui « vint enfin » selon le mot de
Boileau, mais n’appartenait pas à la Pléiade) ? S’agit-il de
Saint-Pierre, dont une statue fut descendue de la clef de voûte de l’église
pour être remplacée ? Seul Arthur le sait.
4 A - Ce mois de mai (note
l'année), il retire le gue de son nom pour laisser sa place.
Solution : 1931.
Le
centre Paul Doumer (voir l’indice : un
indice se situe au centre)
organisant la chasse, il n’était pas étonnant de tomber sur cette allusion
à ce président de la République, et à son prédécesseur, Gaston Doumergue !
Trouvée
immédiatement, cette solution faillit être écartée après vérification
dans le Quid, qui situe cette élection le 13 juin 1931, ainsi que de
nombreuses pages web. Mais de nombreuses autres sources, et notamment les
pages très officielles (.gouv) du site web du premier ministre, donnent le 13
mai 1931.
La
rue Paul Doumer à Caen débouche dans une place qui se nommait jadis place
Royale et arborait une statue de Louis XIV. En 1883, cette place fut rebaptisée
place de la République, et la statue de Louis XIV remplacée par un très républicain
kiosque à musique !

(http://www.ville-caen.fr/memoire/histoire/avant40/photo1883.htm)
4 B - A Caen, 500 ans se
sont écoulés depuis la guerre de cent ans. Note l'année de sa mutilation
-1.
Solution : 1999.
Le
cavalier blanc du visuel incitait à rechercher une statue équestre. Deux
personnages ayant participé à la guerre de Cent ans ont leur statue équestre
à Caen : Jeanne d’Arc (statue dorée datant de 1931 et rapatriée d’Oran
en 1962) et Du Guesclin. Ce dernier, en bronze, est le « cavalier noir »
qu’un indice permettait de repérer place Saint-Martin (en G8 sur certains
plans de la ville). Logiquement, le cavalier blanc ne pouvait être que Jeanne
d’Arc. On pouvait, en s’informant sur place, apprendre que celle-ci a été
privée de son épée, donc mutilée, en juin 2000.
Mais
nous n’avons pas été assez sagaces pour suivre l’ensemble de ce
raisonnement lors de notre séjour sur place. Tout en repérant rapidement les
deux cavaliers en vue du final, nous avons d’abord pensé à la véritable
mutilation qu’a subie la ville de Caen lors des bombardements de 1944. Ce
n’est qu’en y repensant après coup, sur la route, que cette solution nous
parut bien trop « faible » pour expliquer les éléments de l’énigme.
Gilbert eut la chance de trouver (grâce à des mots clés comme « Caen,
statue, vandalisme ») une page… du site municipal (http://www.ville-caen.fr/Infos_mairie/ConseilMunicipal/PVAF-02.htm)
reproduisant une délibération du Conseil Municipal consacrée à cette dégradation !
Nous pûmes ainsi rattraper par les cheveux, à distance, une information que
l’auteur pensait sans doute difficile à obtenir ailleurs qu’à Caen…
FINAL
Le trésor est où te conduit, à six pas, ce final. En vérité, trésor trouvé si vous aviez su regarder la place sept pas au sud, et si les unités et dix sont de sûrs guides. Pour cela, voyez ce final.
Solution :
LOUIS
XIV, TREIZE PAS AU SUD DU ROY
La
solution s’obtenait en comptant les lettres à l’intérieur du final lui-même
(« Pour cela, voyez ce final »),
suivant l’ « ordre de marche » donné par les dates
solutions des énigmes, en n’en retenant que les deux derniers chiffres (« les
unités et dix sont de sûrs guides »)… à
savoir : 66 83 27 66 56 92 49 23 55 45 87 31 99.
Cette
méthode était mieux expliquée par trois indices donnés le vendredi :
–
Peu importe le siècle
–
Dizaines et unités
–
Si le final te semble quelque peu décousu c’est peut-être qu’il te
faudra le transformer.
Le
trésOr est oU
te conduIt, à SiX
pas, ce fInal. En Vérité,
TrésoR
trouvE si vous avIeZ
su rEgarder la PlAce
Sept pAs
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les Unités et Dix
sont De sURs
guides. POur cela, voYez
ce final.

Il
va sans dire qu’un tel final suggérait, par sa formulation ambiguë, de
multiples pistes de résolution, et qu’on pouvait penser à utiliser les
multiples inscriptions relevées pieusement au cours de la chasse… Mais, une
fois le tri fait, la méthode semblait claire. Pourquoi n’avons-nous pas
trouvé plus tôt ? Sans doute à cause d’une ultime astuce, en
apparence minuscule : la prise en compte de la première lettre du final
comme partie intégrante du message ! Il y a fort à parier que c’est
à ce grain de sable que nous devons la victoire, car sans lui d’autres
concurrents auraient sans doute décrypté avant nous.
Pourtant,
deux indices au moins suggéraient cette particularité du codage :
l’analogie entre le décryptage et l’avancée pas à pas d’une pièce
d’échecs, qui progresse à partir d’une « case de départ »,
et surtout l’existence, en tête de la chasse, d’une énigme, la 1A, ne
donnant pas de date, mais une unité de mesure, soit la valeur… 1 !!
Tout
en suggérant sa propre résolution, le final multipliait les confirmations en
mentionnant en clair, au total, treize pas au sud, et en répondant aux énigmes
A et B, qui évoquaient respectivement la place de la République et les
statues caennaises.
Plutôt
que de nous référer à la statue de Louis XIV qui se trouve aujourd’hui
place Saint-Sauveur, nous avons trouvé poétique que ce trésor virtuel (à déterrer
par e-mail) soit caché au pied d’un monument « virtuel », à
savoir l’ « ombre » de la statue du Roi-Soleil, qui rôde
encore sur la place de la République, ci-devant place Royale…
